Chapitre 2
Tom la regarda avancer vers la grande maison blanche et sourit : la villa à côté de celle de June, c'était la sienne.
Tom rentra chez lui, pas aussi triste qu'il l'aurait cru. Dans le salon vide et froid, Bill faisait ses devoirs en silence. Oui, c'était un élève studieux tout comme Tom mais il avait plus de difficultés et c'était donc à son frère de lui expliquer certains points dans les leçons. Le dreadé s'assit un côté de son jumeau et jeta un ½il à la matière qu'il étudiait : anglais. Une des matières qu'il détestait, d'ailleurs il était sûr d'avoir foiré le contrôle de ce matin. Il avait toujours du mal à avoir la moyenne dans cette stupide matière. Autant en maths, c'était un génie. Autant en anglais, on ne pouvait pas réellement l'appeler ainsi.
"T'es rentré avec qui?", demanda Bill.
"La nouvelle, c'est notre voisine au fait."
"Cool et... Elle t'intéresse?"
"Elle me résiste." Tom eut un sourire.
"Je suppose que ça te donne envie de relever le défi alors..."
Bill leva les yeux de son cahier pour la première fois depuis le début de la conversation et resta perplexe : c'était quoi l'expression sur le visage de Tom? De l'euphorie? De la joie? Ou...de l'amour? Bill eut un sourire en coin, à sa connaissance -et il savait toujours tout- son frère n'avait jamais aimé une fille. Il le disait lui-même : la personne qu'il aimait le plus au monde c'était Bill. Alors pourquoi le dreadé avait l'air si bizarre à cet instant?
Tom quitta son frère, partant prendre une douche qui le rafraîchirait un tant soit peu. Il avait chaud, beaucoup trop chaud. En fait, chaque année c'était la même chose : il passait toutes ses vacances à la plage et dès la rentrée avec l'uniforme noir il crevait de chaud. Les élèves avaient souvent demandé à changer la couleur de l'uniforme mais à chaque fois leurs demandes avaient échoué. Tom souffla, profitant de la fraîcheur éphémère de l'eau.
June de son côté, se changea rapidement, attrapa un maillot de bain et alla à la piscine dans le jardin derrière la maison. Rien ne manquait ici, pensait-elle, mais malgré tout elle n'aimait pas que ses parents soient constamment hors de la maison. Elle avait quand même besoin d'eux... Elle soupira, entra dans le grand bassin et se relaxa presque instantanément.
Décidément, elle avait vraiment chaud. Pour tout dire, juste avant de déménager sur l'île elle était en Suisse et faisait du snowboard, le contraste de température était donc plus que perturbant pour elle. Le froid, le chaud... et puis le Snow lui manquait, ses amis lui manquaient, son lycée, ses montagnes lui manquaient. Ici, tout n'était que mer, chaleur et plage alors bien sûr que c'était agréable mais pas tous les jours, pas tout le temps.
June nageait quand un bruit de guitare se fit entendre. C'était doux, mélodieux et en même temps assez rythmique. Elle aimait assez et puis une voix s'ajouta, elle sourit. C'était une belle voix, rauque et sucrée comme elle les aimait. Elle fronça les sourcils, d'où le son pouvait-il bien venir? June tournait la tête encore et encore, marchant dans son jardin pour finir par se douter que le son venait de l'immense maison à côté de la sienne, à tel point qu'elles auraient pu presque rivaliser.
La musique, elle, ne s'était pas arrêtée et la voix continuait toujours de suivre la mélodie. June ne comprenait pas la langue, de l'allemand peut-être, mais à travers les intonations elle put facilement identifier que le sentiment prédominant de la chanson était la douleur, la tristesse et peut-être la solitude. Elle resta assise au soleil sur une chaise et écouta longtemps l'instrument, se demandant parfois qui était le musicien ou la musicienne avant de repousser la question dans un coin de sa tête.
Environ 2h après, le silence revint. June soupira, un peu déçue, et rentra dans la maison pour prendre une douche et faire son sac du lendemain. Quand elle eut finit, ses parents étaient rentrés et l'attendaient pour manger. Elle s'assit à table, les regardant dans le silence de la pièce et soupira. Personne ne parlait et seulement le bruit des couverts qui s'entrechoquaient venait briser la tension suspendue dans l'air. Elle aurait voulu dire quelque chose mais sa voix se bloquait dans sa gorge dès qu'elle ouvrait la bouche. June aurait voulu leur raconter sa journée de rentrée, tout leur dire en détail mais elle savait que se serait peine perdue alors elle n'en fit rien.
June mangea assez vite et demanda si elle pouvait sortir. L'autorisation lui fut donnée et elle se réfugia dans sa chambre, sentant quelques larmes perler aux coins de ses yeux. Elle s'était fait une joie de dîner avec ses parents mais à présent elle les détestait. Pourquoi fallait-il qu'ils soient constamment si coincés? Si hautains? Si dédaigneux envers leur fille? Alors oui, elle ne manquait de rien mais la richesse matérielle qu'elle possédait ne l'intéressait plus du tout depuis des années. Enfant, June y avait cru. Elle avait cru que c'était l'amour de ses parents. Maintenant, elle pensait plutôt qu'elle s'était faite achetée pour bien se tenir et convenir à l'image qu'ils se faisaient de leur fille modèle. Tout cela la dégoûtait.
June se glissa sous les draps fins sans même lire un livre ou attraper son ordinateur. Ce soir, elle se sentait triste. Elle se sentait l'âme à pleurer toute seule dans son lit, elle n'avait personne à appeler et personne ne viendrait pour la soutenir moralement. Elle le savait et cela l'attrista encore plus. À travers la fenêtre, elle vit de la lumière à l'étage de la maison d'à côté, elle ne vit que deux longues silhouettes à travers les rideaux et sourit quand elle les vit s'étreindre. Au moins certaines personnes avaient de l'affection dans leur foyer.
Mais ce que June ne savait pas c'était que les deux silhouettes enlacés n'étaient autre que Bill et Tom. Bill et Tom qui se consolaient mutuellement de l'absence de leurs parents. Bill en était plus profondément blessé que Tom mais celui-ci l'était tout aussi. Dans ces familles là, si riches et travailleuses, il semblait alors aux enfants qu'il n'y avait pas de place pour eux, pas de place pour de l'amour. Alors, chez les Kaulitz, le rez-de-chaussée était toujours éteint, froid et vide. C'était là que les parents résidaient car l'étage était pour les enfants. Le rez-de-chaussée était comme inhabité, comme quémandant le retour des parents partis depuis trop longtemps, parti pour le travail ou bien pour des vacances, ou énième lune de miel.
Les jumeaux se couchèrent chacun dans leur lit, discutant par textos car ayant la flemme de se lever puis, tout comme June, ils s'endormirent le c½ur malheureux de ce manque d'amour flagrant qu'ils étouffaient si bien et que personne n'arrivait à percevoir.
***
Au matin, le réveil sonna dans la grande maison blanche et June grogna. L'air frais du matin traversant ses draps la fit frissonner et se rouler un peu plus dans le grand lit. Elle abandonna finalement la partie quand un courant d'air plus frais lui donna la chaire de poule. June se leva rageusement ouvrant son armoire pour choper quelques sous-vêtements et partit dans la salle de bain où son uniforme si magnifique était négligemment posé sur le rebord de la baignoire. Elle lui lança un regard de dégoût et après avoir enfilé un tee-shirt rouge, le mit sur elle.
Le noir rendait plutôt pas mal sur elle mais June pensait quand même que la couleur était trop terne. Pas triste, non non c'était juste un noir terne et fade. En conséquence, elle comprit qu'elle devrait mettre des couleurs flash pour contraster. Ce petit détail insignifiant certes mais bien gravé dans sa tête, June alla chercher des spartiates noires dans son placard puis se décida à se coiffer. Rien de bien particulier, elle se démêla juste les cheveux et se maquilla très légèrement.
En descendant à la cuisine, son sac sur l'épaule, June trouva une note sur le comptoir. Elle la lut un sourire triste mais blasé sur le visage, puis ouvrit le frigo et les placards pour se servir de quoi déjeuner. Seule, elle détailla la cuisine pour s'occuper l'esprit et chasser ses larmes. C'était grand, immense même, beaucoup trop volumineux pour une famille de trois personnes. Les décorations étaient riches, dorés et bordeaux. La table était en marbre rouge, le plan de travail une fois de plus gigantesque. Tout cela la dégoûtait, l'éc½urait au plus profond d'elle-même. June soupira, posa négligemment son assiette dans l'évier et sortit de la maison après avoir ramassé son sac.
Sur le comptoir de la cuisine le mot disait : "Nous ne serons pas ici jusqu'à la fin du week-end, l'argent est dans le salon." Pas de mots d'affection, pas de "bisous", ni de "on t'aime". Un message vide comme cette maison.
June ferma à clé et partit sur le chemin de l'école, elle serait peut-être un peu en avance mais au moins elle n'aurait pas à se presser. Elle marcha lentement, observant avec curiosité la maison voisine de la sienne. Qui y habitait? Et qui avait joué de la guitare la veille? Quand elle eut l'idée de regarder le nom sur la boîte aux lettres, June était déjà loin de la maison et elle avait trop la flemme de revenir sur ses pas.
Tom, lui, s'était réveillé avec un mal de crâne horrible sans vraiment savoir pourquoi. Après tout, la veille il n'avait ni fumé, ni bu, ni quoique se soit alors il était un peu surpris de se lever dans cet état. Il avait poussé un cri digne des plus grands cro magnons et s'était extirpé du lit en roulant. Il s'était habillé, coiffé, préparé rapidement. Il ne savait pas réellement pourquoi il s'était tant préoccupé de lui-même ce matin-là mais quand il sortit de chez lui ce qu'il vit au loin le fit sourire.
Il n'était pas sûr à 100% que ce soit la nouvelle mais il s'en doutait, comme une intuition inexpliquée qui lui soufflait que c'était elle et pas une autre dans cette uniforme fade. Tom se pressa et arrivé à quelques mètres de la fille, il sut que c'était elle : les boucles brunes dans son dos étaient assez repérables vu la longueur des cheveux de June et la veille cela l'avait marqué. Tom sourit pour lui-même et posa une main sur l'épaule de la jeune fille.
June sursauta et se retourna, complètement surprise et affolée. Elle se détendit quand elle remarqua que c'était juste Tom, le gars bien lourdaud qui avait tenté de la draguer la veille mais sans grand succès. June retint un petit rictus et ne dit rien, elle ne lui faciliterait pas la tâche. Tom, quant à lui, ne chercha pas à placer ne serait-ce qu'un mot, respectant le silence de June.
Ils marchaient depuis quelques secondes lorsque June buta sur un "stupide caillou" et manqua de s'affaler par terre. Elle serait d'ailleurs face contre terre si Tom ne l'avait pas retenu par le bras et plaqué contre lui. June eut le souffle coupé par la puissance avec laquelle Tom l'avait rattrapé, à tel point que seul son sac tomba au sol. Ses yeux étaient écarquillés et la chaleur présente contre elle, ne la dérangeait curieusement pas alors qu'ici la température lui était insupportable. Un délicieux parfum sucré lui parvint et elle ferma les yeux sans s'en rendre compte.
Tom l'avait retenu par pur réflexe, il arrivait tout le temps à Bill de trébucher, et stoppa tout mouvement quand il vit June aussi proche de lui. Un frisson lui parcourut toute la colonne vertébrale et la chair de poule apparut sur ses bras. Il la vit fermer les yeux et se retint de faire de même. Les bras de la jeune fille s'était accrochés aux siens et il constata que sa peau était aussi douce qu'une fleur qui vient d'éclore. Que se passait-il? Il haleta discrètement et relâcha sa pression sur la taille de June quand il la sentit gigoter contre lui.
"Merci.", murmura-t-elle les joues rouges.
Il hocha la tête et ils purent recommencer à marcher. Cela n'avait duré qu'un instant et pourtant ils étaient tous les deux perturbés par le contact qu'ils avaient eu. Si tôt arrivé devant le lycée June s'éloigna et Tom partit rejoindre sa bande d'amis collée contre le mur du portail. Il essaya d'oublier cette sensation faisant tourbillonner son estomac et engagea une discussion avec son ami Gustav, un petit blond toujours sympathique quoiqu'un peu ronchon.
***
C'était l'heure du déjeuner et comme à l'habitude la cantine était bondée. Akita rejoignit June dans la file d'attente et elles parlèrent activement quand June émit un léger beug. Akita suivit son regard et remarqua immédiatement la bande de Tom plus loin derrière elles. Akita avait déjà remarqué la même réaction chez sa camarade le matin même, elle prit garde de rester discrète et June ne remarqua pas que son amie avait compris, si bien que quand Akita reprit la parole June rougit.
"Il y a un problème?", s'inquiéta-t-elle.
"Non, rien.", éluda June.
Akita n'insista pas, de toute manière cela n'aurait pas servit à grand-chose June ne répondrait pas à ses questions. Elles râlèrent sur leur professeur et partirent s'asseoir. June grogna de mécontentement quand elle aperçut qu'elle s'était comme la veille fait avoir sur le contenu de son assiette : des épinards. Pourquoi fallait-il qu'elle tombe toujours sur des trucs dégeux car trop spéciaux?
June se renfrogna encore plus quand quelques minutes plus tard, la bande de Tom s'assit à une table en face de la sienne et que le chef de la bande, soit Tom, était juste bien placé pour être en face d'elle. Elle n'avait déjà pas pu s'empêcher de penser à lui toute la matinée et maintenant il était carrément en face d'elle : ne pourrait-elle jamais mangé tranquille?
***
June soupira fortement, ses épaules se voûtant et son sac tombant à ses pieds alors qu'elle ouvrait son casier. C'était la fin de la journée et, finissant plus tôt que la veille, elle avait décidé d'aller se baigner un peu, près d'une crique qu'elle avait repéré quelques semaines plus tôt. Elle récupéra ses livres dans le casier et retourna chez elle en vitesse, attrapant un maillot et un sac puis repartant dans les 10 minutes qui avaient suivie son passage éclair dans le couloir.
June marcha un bon quart d'heure avant d'arriver à destination. La crique était petite et le soleil couchant pénétrait juste à l'intérieur. Elle retira son uniforme et se retrouva en maillot. Elle avança jusqu'au bord de l'eau et y trempa précautionneusement les orteils avant de laisser son corps tout entier rentrer dedans. June ne nagea pas, pour une fois elle resta au bord, se laissant juste flotter en surface, les bras en croix et les jambes légèrement rapprochées. C'était un des rares moments où elle ne pensait à rien et c'était incroyablement relaxant, apaisant.
June porta son regard sur l'eau d'un bleu presque blanc et soupira. Cette mer était particulièrement belle, le sable y était fin et si clair, l'eau y était chaude et si transparente! Cela n'avait strictement rien à voir avec l'eau des plages sur les continents, celle-ci était plus verdâtre que bleu et propre! Elle soupira et s'avoua que finalement elle n'avait pas tout perdu lors du déménagement, elle avait réussi à gagner certaines choses.
Tom, de son côté, était rentré tranquillement chez lui en compagnie de son frère. La journée de cours avait été plus qu'harrassante par cette chaleur et même les plus habitués à l'île avait eu du mal à résister à l'appel de la mer. Malheureusement, Tom et Bill avaient un devoir à faire pour le lundi prochain et voulant profiter pleinement de leur week-end ils préféraient l'expédier au plus tôt. Cela serait d'ailleurs vite fait étant donné que c'était de l'allemand et que cette langue, étant leur langue maternelle, ils la maîtrisaient parfaitement.
En rentrant, Bill jeta son manteau sur le canapé du salon et monta directement dans sa chambre pour récupérer ses bouquins. Ensuite, il rejoignit Tom qui était lui aussi monté à l'étage. Ils s'installèrent l'un en face de l'autre et commencèrent à écrire, se demandant parfois quelques conseils pour des mots ou des expressions dont-ils ne se rappelaient plus. Au bout d'une heure, ils avaient quasiment finit et firent une pause.
"Au fait, t'as vu la nouvelle aujourd'hui?", questionna Bill sachant pertinemment que le sujet sensibiliserait Tom.
"Ce matin, vite fait."
Il lui raconta quand June avait failli tomber et comment il l'avait rattrapé. Tom décrivit tellement ses sentiments qu'il était sûr que Bill pouvait les ressentir à présent. Il arrêta son récit et resta les yeux dans le vide, cherchant la raison qui avait fait qu'il avait frissonner en sentant June contre lui. Il ne trouva pas, après tout il n'y avait pas eu de vent et il n'était pas malade, peut-être son frisson était-il juste un effet de son imagination.
Bill fronça les sourcils. Merde, depuis quand son frère se posait-il autant de questions sur les filles? D'ordinaire il les sautait une fois, deux s'il avait vraiment aimé, et puis après il n'en parlait plus. Là, il n'avait fait que passer sa main dans le dos de cette fille et il en parlait comme si cela avait été un miracle ou un acte majeur dans sa vie. Bill se dit qu'il voulait parler à cette fille, peut-être avait-elle vraiment quelque chose de spéciale. Cependant, il en doutait cela devait venir de Tom. Tom avait toujours des réactions insensées.
"Tu l'as revu dans la journée?", demanda le brun.
"Pas eu le temps et j'suis pas resté autour de son casier donc... non. Juste entraperçu à la cantine.", soupira Tom.
Bill changea de sujet ne souhaitant pas que son frère se mine le moral tout seul. Ils parlèrent la plus grande partie de la soirée et commandèrent des pizzas, ayant trop la flemme pour cuisiner. Après avoir mangé, Tom pris sa guitare et en joua tranquillement sur son lit alors que Bill le regardait, comme fasciné par l'agilité des doigts du guitariste alors que son truc à lui c'était plus le piano et les mélodies interminables.
Les jumeaux s'étaient depuis longtemps portés sur la musique sans vraiment s'y plonger professionnellement, pour eux s'était une sorte de passe temps. Ils aimaient simplement s'asseoir avec leur instrument et composer, ou tout simplement jouer pendant des heures entières différents morceaux qu'ils aimaient d'ordinaire écouter, bien que les morceaux diffèrent selon l'un ou l'autre. Il arrivait même qu'ils ne s'arrête que pour manger et reprennent immédiatement si tôt fait. Ils aimaient ça et ils ne s'en privaient pas.
***
Le lendemain, Bill se leva tranquillement car le matin il détestait avoir à se presser. Certes il se levait un peu plus tôt que Tom mais au moins il pouvait prendre son temps. Il ouvrit son armoire et chercha un tee-shirt blanc, il voulait du joyeux aujourd'hui. Pour tout dire, le noir l'agacait de plus en plus.
"Merci l'uniforme!", pensa-t-il.
Il rit doucement et partit se coiffer dans la salle de bain. Bill lissa ses cheveux, maquilla ses yeux et s'habilla. Il descendit à la cuisine et se servit, il faisait le moins de bruit possible car aujourd'hui c'était mercredi et Tom ne commençait qu'à dix heures. En conséquence s'il le réveillait maintenant Bill se ferait insulter de tous les noms possibles et existant sur terre. Il mangea et partit prendre son sac dans sa chambre avant de sortir de la maison.
Bill marchait depuis quelques minutes quand il entendit des pas derrière lui. Il se retourna et ses yeux tombèrent sur une fille assez mignonne, brune aux yeux verts et qu'il n'avait jamais vu auparavant.. Il sourit et attendit qu'elle arrive à sa hauteur, étant perdue dans ses pensées elle sursauta quand Bill lui adressa la parole.
"Salut, tu dois être June. Moi c'est Bill."
"Salut. D'où tu me connais?", interrogea June.
"Tu sais, des nouvelles y en a pas tous les jours et les gens parlent beaucoup. Je suis le frère de Tom."
"Mouais, ban ça m'étonne pas que les gens parlent alors."
"Ce qui veut dire?", demanda Bill, perdu parce ce qu'elle insinuait.
"Rien, c'est stupide mais... j'aime pas ton frère."
"Lui à l'air de bien t'aimer", marmonna Bill avant de reprendre. "Il t'a fait quelques chose de mal?"
"Il me drague."
Bill fronça les sourcils : Tom draguait sans arrêt et ça ne gênait pas les filles tant que d'habitude.
"Je vois pas où est le problème. Tu devrais plutôt être contente.", dit-il.
"Non parce que... ça me gêne."
June haleta se rendant compte que c'était ça : Tom la mettait mal à l'aise et c'est pour cela qu'elle cherchait à l'éviter, à le haïr. Elle avait toujours été timide et l'attitude entreprenante du dreadé la mettait plus dans l'inconfort qu'autre chose. June soupira, elle venait de se comprendre elle-même en parlant avec le frère, jumeau à ce qu'on disait, du gars qu'elle voulait à tout prix détester.
"Il te gêne?", rigola Bill. C'était la première fois que Tom se faisait rejeter, pas étonnant que cette fille le perturbe.
June rougit et détourna le regard, souhaitant qu'ils arrivent vite au lycée pour qu'elle puisse s'éclipser. Mais quand ils arrivèrent Bill l'entraîna vers sa bande malgré ses tentatives pour se libérer de son bras qu'il avait agripé pour s'assurer que June resterait. Elle râla puis abandonna et se laissa finalement faire.
Bill la présenta aux autres : cinq garçons et trois filles. June se sentait rougir comme jamais et bafouilla un "salut" timide à ces gens qui la fixaient.
"Alors, t'habites où?", demanda un petit blond.
"Heu, la rue Saint-Paul, la grande maison blanche. C'est..."
"A côté de chez moi.", éclaircit Bill pour les autres.
"C'est chez toi la maison où on entend de la guitare tous les soirs?", s'étonna June.
Si elle s'y était entendu à celle-là...
"Han, mais alors t'as entendu Tom jouer de la guitare? Chanceuse va, personne ne l'entend jamais jouer sauf Bill.", s'exclama une fille.
Le dit Bill grimaça, en vérité seuls les amis très proches de Tom étaient autorisés à le voir jouer de la guitare mais ça il ne pouvait le dire à la fille sans paraître méchant.
June se figea : c'était Tom qui avait joué cette après-midi là alors ? Ce n'était pas possible! Un être aussi sûr de lui-même, aussi arrogant et ... aussi Tom ne pouvait pas mettre autant de sentiments et de tristesse dans une chanson. Un être qui avait tout simplement tout pour lui ne pouvait tout simplement pas connaître la tristesse! Elle en été persuadé.
Mais June avait oublié en cet instant que les apparences étaient tellement faciles à manipuler si l'envie était là. Elle avait oublié qu'elle-même se levait tous les jours avec un sourire faux. Car Tom, tout comme elle, souffrait de l'absence d'amour de ses parents et tout comme elle, il le cachait. Tout comme elle, il était très fort pour mentir sur ces sentiments mais à un moment donné le mensonge n'est plus possible.
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Voilou pour aujourd'hui, j'espère que vous ça va bien. moi c'est plutôt pas mal, je me languie demain les vacances
:)